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De la prison à l'éveil de Satyam Nadeen

Publié le par Laurent Caigneaux

Source blog Eveil impersonnel, Patrice Gros : link

De la prison à l'éveil


Satyam Nadeen


« Il n'y a ni création ni dissolution. Il n'y a ni sentier ni but. Il n'y a ni libre arbitre ni prédestination. »

« La Source est soit non manifestée au repos, soit manifestée dans les apparences. Quand la Source est dans les apparences, c'est sous la forme d'un rêve. »

« Vous êtes la Source infinie en train de se distraire, détendez-vous ! »

« Il n'y a que la Source s'amusant elle-même. »

« Qui aurait jamais cru que le mystère entourant "atteindre son bonheur" consiste dans le simple fait d'embrasser, instant après instant, ici et maintenant, ce qui est, tel que c'est… Tout est parfait tel quel, et exactement tel que ça devrait être ! »


Condamné à sept ans et demi de prison aux Etats-Unis, Satyam Nadeen passe les deux premières années de sa réclusion dans un quartier de haute sécurité. C'est là, dans les pires conditions de vie, au milieu de la violence quotidienne, qu'il a soudain la conscience, vaste et lumineuse, de ce qu'est la vraie réalité.


Dans un style drôle et incisif, l'auteur nous raconte comment il est passé de la vision étriquée de Monsieur Tout-le-monde, avec ses préjugés, à la vision transcendante qui permet de voir les choses telles qu'elles sont dans leur clarté essentielle. Il explore au passage les thèmes communs à toute recherche spirituelle, quelle que soit la tradition où elle s'inscrit : le libre arbitre, la prière, l'amour, la compassion, le rôle de l'instructeur... Il sait se montrer tendre, mais aussi impitoyable, avec les idées reçues qui ont fait l'âge d'or du New Age. Satyam Nadeen enseigne actuellement aux USA.


Cet homme a possédé tout ce qu'on peut désirer d'amour, de gloire et de richesses dont... le sommet d'une montagne haute de 1 600 m au Costa Rica, où il imaginait se rapprocher de l'Esprit : car cet homme, taraudé par un manque essentiel, est, depuis son plus jeune âge, en recherche.

Au bout de quarante années de quête et alors qu'il avait tout essayé en matière de disciplines spirituelles et psychothérapeutiques, et de "divertissements " du type sexe, drogue et rock'n'roll, Satyam Nadeen se trouve incarcéré dans une prison de haute sécurité en Californie. C'est là, dans la plus sévère limitation physique et psychologique, qu'il s'éveille enfin.


Par sa parole légère et lumineuse, souvent drôle et insolente, Satyam Nadeen nous emmène au fil de ses compréhensions, de ses intuitions, de sa paix et de sa joie. Pour autant que le chercheur de vérité s'y abandonne, ce récit pourrait bien semer en lui " une graine de liberté qui ne manquera pas d'éclore bientôt en une nouvelle vision des choses ". Celle de la compréhension du coeur.


"Alors que le processus même de l’éveil donne le sentiment d’être soudain et bouleversant, les événements qui y conduisent sont probablement beaucoup plus progressifs. Parfois des événements tragiques comme une maladie aux conséquences graves, la perte de mobilité, la perte d’une carrière, d’un être cher, ou des revers financiers, etc., contribuent à affaiblir la dure carapace externe de toutes nos couches d’identité, afin que la connaissance intérieure de qui nous sommes véritablement puisse émerger.


Dans les expériences d’éveil, d’autres chercheurs qui ont décrit la manière dont cela s’est produit pour eux, j’ai retrouvé certains dénominateurs communs.

D’abord, une expérience semblable à la mort, impliquant la perte de l’ego ou de l’identité personnelle.
Ensuite, un abandon de la tentative de comprendre tout le processus, ou quoi que ce soit se rapportant à Dieu ou au domaine spirituel.

Enfin, il y a un abandon de tout effort délibéré vers l’éveil.
Au début cela s’accompagne de vagues de félicité qui s’apaisent ensuite en un sentiment de paix profonde.

J’avais toujours cru, en vertu de mon conditionnement à couches multiples, qu’une fois que vous étiez « éveillé », c’était fondamentalement la fin de tout le processus. Mais l’expérience m’a rapidement appris que c’était simplement un début, que « l’éveil » n’était que le premier stade du processus de la « délivrance ».
Une fois atteint par le plein impact de : « conscience est tout ce qui est » et : « je ne suis pas l’auteur de mes actes », vous réalisez qui vous êtes réellement et qui vous n’êtes pas. De cette profonde réalisation jaillissent les ramifications de cette nouvelle « vision de Perle » qui imprégnera les moindres détails de votre vie quotidienne."


Extrait de "De la prison à l'éveil", de Satyam Nadeen, paru aux éditions du Relié.

Publié dans Inspirations

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Conseils aux méditants par Saint Jean de la Croix

Publié le par Laurent Caigneaux

  Texte issu du site de Patrice Gros, reiki do : link

Conseils aux méditants par Saint Jean de la Croix

 

 

 

Que l'homme spirituel apprenne à se tenir en amoureuse attention à Dieu et dans le repos de l'entendement, lorsqu'il ne peut méditer et bien qu'il lui semble ne rien faire. Qu'il persévère, et il verra que peu à peu et très promptement la paix et la quiétude divine lui seront versées dans l'âme, avec d'admirables et sublimes notions de Dieu, tout imprégnées d'amour.

 

 

Qu'il ne se mette donc nullement en peine de formes, d'imagination, de méditations ou de quelque discours que ce soit, autrement il troublera la paix de son âme...

 

 

S'il lui vient quelque scrupule à la pensée qu'il ne fait rien, qu'il sache bien que ce n'est pas faire peu de choses que de pacifier son âme et de la mettre au repos

en l'affranchissant de tout effort et de tout désir...

 

 

Il est évident qu'une fois bien purifiée et vide de toutes les formes et de toutes les images perceptibles, l'âme se trouve dans la pure et simple lumière divine et se transforme en elle, selon l'état de perfection. En effet cette divine lumière est toujours présente dans l'âme, mais à cause des formes et des voiles des créatures dont l'âme est enveloppée, elle ne s'infuse pas dans l'âme.

 

On y traite de la manière dont l’âme pourra se disposer pour arriver promptement à son union avec Dieu. On y donne des avis et des enseignements très utiles à ceux qui commencent aussi bien qu’à ceux qui ont déjà réalisé beaucoup de progrès, afin qu'ils sachent se débarrasser de tout ce qui n’est pas spirituel, ne point s’embarrasser de ce qui est spirituel et demeurer dans cette profonde nudité et liberté d’esprit que requiert l’union divine.

 

La montée au carmel - St Jean de la Croix

Publié dans Méditation

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L'éveil à la réalité de Nicole Montinéri

Publié le par Laurent Caigneaux

Source du texte, blog de Patrice Gros, Eveil impersonnel : link
Le chercheur de vérité est un être de passion, enthousiaste, audacieux, persévérant, qui laisse la vie devenir pleinement manifeste en lui en la laissant circuler librement à travers son propre espace. Cet espace est tranquille, car désencombré, vide de toutes représentations objectives.

« Il faut un cœur brûlant dans une paix vide et silencieuse », nous dit Maître Eckhart.


La réalité ne peut être vue tant que nous n’avons pas renoncé à nos fausses identifications, tant que les dépouillements nécessaires n’ont pas été effectués, tant que nous n’avons pas compris que rien ne nous sépare de notre essence, si ce n’est notre mental qui fabrique cette idée de distance, qui crée des étapes et un but à atteindre.

La réalisation est donc inséparable du dépouillement, de la nudité de l’être. L’éveil présuppose l’effacement d’un moi acteur, l’évanouissement de celui qui désire l’illumination. Rien ne se passe tant qu’il y a cette entité voulant connaître la réponse à la question : qui suis-je ? L’éveil ne peut être provoqué par un ego, lui-même objet dans ce monde phénoménal. La réalité intemporelle ne peut être non plus découverte par un esprit sans cesse en mouvement, qui se nourrit du temps. Toute recherche est vaine, car elle est mentale et ne peut procurer qu’un état psychique particulier. Or, l’éveil n’est pas un état spécial : c’est le retour à la source de notre être. Cette réalité est toujours là, mais nous ne pouvons la voir que lorsque le mental s’arrête. Le temps alors s’arrête. La réalisation de notre nature éternelle est dés lors possible : nous sommes dans la pure présence, sans attente du grand saut hors du temps…
 
L’éveil, c’est la réalité qui se révèle d’elle-même à elle-même. A cet instant, il n’y a plus ni corps ni mental. C’est la reconnaissance par la conscience de ce qu’elle est, reconnaissance  instantanée, directe, sans intermédiaires conceptuels. La conscience se saisit elle-même, dans un élan impersonnel. Il y a une force mystérieuse qui permet ce retournement vers la source, ce mouvement de la conscience pénétrant en elle-même et reconnaissant, émerveillée, sa nature.
Auparavant, des enseignements, des lectures, des méditations auront pu sembler nécessaires pour dissoudre le voile égotique et rendre transparent le mental, pour stimuler l’attention et la persévérance comme autant d’appels de la grâce. Cependant, celle-ci se donne sans condition et sans rien attendre. Tout est possible, à tout moment. L’éveil est toujours soudain et sans motif.
Il n’est pas une expérience, inscrite dans le temps et forcément duelle, avec quelqu’un qui expérimente et un objet d’expérimentation. Il n’y a donc rien à faire de particulier, pas d’effort à fournir. Au contraire, l’éveil met un terme à la croyance en ce concept d’une individualité autonome impliquée dans une activité personnelle. Dés que l’esprit comprend la futilité de son vouloir, il se produit un abandon propice à l’accueil. Les questionnements, les projections et les désirs sont résorbés. Nous avons surmonté toute peur. Nous sommes prêts à tout donner, à tout perdre, sans possibilité de retour. Nous sommes prêts… mais ce n’est pas notre accueil qui crée la grâce. Il n’y a pas de cause à la grâce.
 
Cette plongée hors du temps s’effectue dans le vide silencieux. On ne revient pas de ce voyage ultime. Le retour apparent en ce monde est au-delà de la dimension relative de l’espace et du temps, qui n’est plus active que pour la survie du corps et le fonctionnement harmonisé de l’esprit. La mort de tout ce qui a été, l’absolue nudité intérieure permet de se tenir dans cette profondeur où tout est perçu comme mouvement de la conscience. La reconnaissance de la réalité absolue ne se manifeste pas par des discours, des prodiges ou des actions qui cherchent à convaincre, ni non plus par la solitude. Il n’y a plus que l’Amour.
Au quotidien, cela s’exprime en méditation constante, quelles que soient les circonstances, en paix, en patience, en bonté, en humilité, en attention bienveillante envers tous ceux qui ne vivent pas cette liberté. Le repos est constant. Ce n’est pas une cessation de toute activité mais un accord subtil à la vibration cosmique.

La réalisation de notre nature est liberté. Une fois l’ultime réalité vue, il n’y a plus d’identifications erronées, plus de règles créées par un esprit que rien ne peut désormais troubler. Celui-ci est rétabli dans son unité, lui aussi témoin, en harmonie avec ce qui le contient, la conscience qui embrasse l’univers entier. Il ne cherche plus rien à « l’extérieur », s’égarant à la poursuite d’objets. Les pensées ne disparaissent pas mais leur apparition fait l’objet d’un regard neutre, libre d’elles. Tout ce qui est vécu est intégré dans l’unité réalisée, fondement ultime de la vie.

Oui, l’éveil produit un changement dans le regard. Ne s’identifiant plus à ce qui est perçu, il réalise qu’il est le contenant de toutes les perceptions. Ce regard embrasse la totalité, au sein même du quotidien dualisant.
Notre conscience impliquée dans une forme humaine s’est réalisée conscience impersonnelle, d’où cette unité retrouvée avec le cosmos, avec l’ensemble de la manifestation perçue comme une apparition au sein de ce champ infini. Et l’unicité est joie…
Séparation et causalité ont disparu. La dualité est vue comme une illusion liée à la manifestation, la multiplicité comme une apparence, un reflet de la source. Le reflet n’est plus confondu avec la source qu’il reflète La conscience ne se « perd » plus dans les phénomènes car elle sait de façon irréversible qu’elle est la lumière qui permet de voir ces phénomènes. Ce que nous sommes est lumière. Elle est toujours là, et rien ne nous y mène…
L’unité est vue dans la multiplicité, le sans-forme dans la forme. Il n’y a plus de sensation de différence : je suis ta souffrance, je suis aussi l’espace sans souffrance, dans une même vibration. C’est cela, la réalisation, vivre dans la non-séparation, dans la vision globale, unitive de la vie, sans différence entre la source et l’expression, entre l’indifférencié et le manifesté, entre la réalité absolue et la réalité relative. La vie est une. Elle se vit instantanément source éternellement jaillissante et passage transitoire à travers des formes limitées.

La seule entrave à notre réalisation, et l’origine de tous nos tourments, est de nous croire séparés, distincts du reste de l’univers. L’unique changement correspond au fait que nous portons désormais un regard unitif sur la vie. L’esprit en repos ne divise plus le monde et voit en chaque chose le fonctionnement de la totalité.

Dans le vide de l’esprit silencieux, dans l’humilité d’un moi qui s’efface, nous nous abandonnons au flux doux et puissant de l’énergie de la vie. Son origine lumineuse est sans contraires. C’est cette réalité-là que nous cherchons tous à découvrir derrière les oppositions de ce monde. Nous aspirons à réaliser cela qui perçoit directement, avec clarté, qui nous fait pénétrer au plus profond de chaque évènement. Pour le découvrir, il faut oser se lancer sans peur dans l’aventure de la vie, accepter de tout notre être son mouvement en apparence contradictoire, pénétrer intensément au cœur de ce qui est à chaque instant.
L’accès à la réalité n’est pas séparé de notre quotidien. Tout ce qui apparaît est l’expression de l’énergie cosmique, pure en son essence. Le sens de notre destinée terrestre est d’aller à la source de cette énergie, d’aller vers la demeure cachée où nous nous découvrons un, dans un espace infini de lumière et d’amour.
 
Seule la conscience libérée de l’identification à une entité distincte peut percevoir clairement la totalité. Nous sommes en permanence reliés à toutes les manifestations de vie dans l’univers et chacun de nos actes a une résonance cosmique. Dés que nous sommes en conscience au cœur de la vie, que nous exprimons pleinement ce que nous sommes, nous avons une vision globale de la vie.
C’est cela, l’éveil à la réalité : être perception globale, regard-miroir de la conscience, présence à tout ce qui vit et présence à soi, quelles que soient les innombrables expériences qui se présentent. Bien et mal, santé et maladie, vie et mort ne sont plus séparés. Nous avons réalisé l’unité. Nous nous sentons réconciliés et libres, heureux tout simplement parce que nous vivons. Nous sommes en communion avec tout ce qui existe, avec tout ce qui apparaît dans le champ lumineux de notre espace. L’intelligence de la vie s’exprime désormais comme elle le souhaite, sans entrave. Dans cette absence totale d’identification, ce qui est de toute éternité peut apparaître. C’est la conscience qui contemple la conscience…

« Le Soi, dont la merveilleuse essence est lumière, par le jeu impétueux de sa liberté, masque d’abord sa propre essence, puis la révèle à nouveau en sa plénitude, d’un seul coup ou par degrés. Et cette tombée de la grâce est entièrement indépendante. » Abhinavagupta.

Nicole Montineri

Publié dans Inspirations

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Ho'oponopono* par Joe Vitale

Publié le

ll y a deux ans, j'ai entendu parler d'un thérapeute d'Hawaï qui a guéri une salle complète de patients aliénés criminels - sans jamais voir aucun d'eux. Le psychologue étudiait le dossier d'un interné et ensuite regardait en lui-même pour voir comment il avait créé la maladie de cette personne. A mesure qu'il s'améliorait lui-même, le patient s'améliorait.

 

Quand j'ai entendu cette histoire pour la première fois, j'ai pensé que c'était une légende urbaine. Comment quelqu'un pouvait-il guérir quelqu'un d'autre en se guérissant lui même ? Comment, même le meilleur maître de l'auto-guérison pouvait-il guérir l'aliéné criminel ?

 

Ça n'avait pas de sens. Ce n'était pas logique. J'ai donc rejeté cette histoire.

 

Cependant, je l'ai entendue de nouveau un an plus tard. J'ai appris que le thérapeute avait utilisé un procédé de guérison hawaïen appelé Ho'oponopono.

 

Je n'en avais jamais entendu parler, pourtant je ne pouvais laisser cela me sortir de l'esprit.

 

Si l'histoire était vraie, je devais en savoir davantage. J'avais toujours cru que “ responsabilité totale “ signifiait que j'étais responsable de ce que je pensais et de ce que je faisais.

 

Au-delà de ça, je n'y étais pour rien.

 

Il me semble que la plupart des gens considèrent la responsabilité totale de cette façon-là. Nous sommes responsables de ce que nous faisons, pas de ce que n'importe qui d'autre fait - mais cela est faux. Le thérapeute hawaïen qui a guéri ces personnes malades mentales allait m'enseigner une nouvelle perspective avancée sur la responsabilité totale.

 

Il s'appelle Dr Ihaleakala Hew Len. Nous avons probablement passé une heure à parler lors de notre premier appel téléphonique. Je lui ai demandé de me raconter toute l'histoire de son travail en tant que thérapeute. Il a expliqué qu'il avait travaillé quatre ans à l'hôpital de l'État d'Hawaii.

 

Cette salle où ils gardaient les malades mentaux criminels était dangereuse. Des psychologues quittaient chaque mois. Le personnel prenait beaucoup de congés de maladie ou s'en allait, tout simplement. Les gens marchaient dans cette salle en gardant le dos contre le mur, craignant d'être attaqués par les patients. Ce n'était pas un endroit agréable où vivre, travailler ou venir en visite.

 

Le Dr Len m'a dit qu'il ne voyait jamais ses patients. Il accepta d'avoir un bureau et de voir les dossiers. Pendant qu'il regardait les dossiers, il travaillait sur lui-même. À mesure qu'il travaillait sur lui-même, les patients commençaient à guérir.

 

«Après quelques mois, des patients à qui l'on avait dû mettre des entraves furent autorisés à marcher librement, m'a-t-il dit. D'autres, qui avaient dû être lourdement médicamentés commencèrent à abandonner leurs médicaments. Et ceux qui n'avaient aucune chance d'être relâchés furent libérés.» J'étais stupéfait.

 

«Pas seulement cela, poursuivit-il, le personnel commença à se plaire à venir travailler. L'absentéisme et le roulement du personnel prirent fin. Nous avons fini par avoir plus de personnel que nous en avions besoin parce que les patients étaient relâchés et que tout le personnel se présentait pour travailler. Aujourd'hui, cette salle est fermée.»

 

C'est là que je devais poser la question d'un million de dollars: «Qu'est-ce que vous faisiez en vous-même qui amenait ces gens à changer?»

 

«Tout simplement, je guérissais la partie de moi qui les avait créés», a-t-il dit. Je ne comprenais pas. Le Dr Len a expliqué que la responsabilité totale pour votre vie signifie que tout dans votre vie - simplement parce que c'est dans votre vie - est de votre responsabilité. En un sens littéral, le monde entier est votre création.

 

Ouais. Cela est difficile à avaler. Être responsable de ce que j'ai dit ou fait est une chose. Être responsable de ce que chacun dans ma vie dit ou fait est une tout autre chose. Pourtant, la vérité, c'est que si vous assumez la complète responsabilité de votre vie, alors tout ce que vous voyez, entendez, goûtez, touchez ou expérimentez de quelque façon est de votre responsabilité parce que c'est dans votre vie.

 

Cela signifie que les activités terroristes, le président, l'économie - quoi que ce soit que vous expérimentiez et que vous n'aimiez pas -, c'est à vous qu'il revient de les guérir. Ils n'existent, pour ainsi dire, que comme des projections venant de l'intérieur de vous. Le problème n'est pas leur, il est vôtre et pour les changer, vous avez à vous changer.

 

Je sais que cela est difficile à saisir, sans parler que c'est difficile à accepter et à vivre pour de vrai. Le blâme est beaucoup plus facile que la responsabilité totale, mais à mesure que je parlais avec le Dr Len j'ai commencé à réaliser que la guérison pour lui et dans le ho'oponopono signifie s'aimer soi-même. Si vous voulez améliorer votre vie, vous devez guérir votre vie. Si vous voulez guérir quelqu'un - même un criminel malade mental - vous le ferez en vous guérissant.

 

J'ai demandé au Dr Len comment il s'y prenait pour se guérir lui-même. Qu'est-ce qu'il faisait, exactement, quand il regardait les dossiers de ces patients?

 

«Je faisais juste répéter "Je m'excuse" et "Je vous aime" encore et encore», a-t-il expliqué.

 

«C'est tout ?»

 

«C'est tout.»

 

Il se trouve que vous aimer vous-même est la plus merveilleuse façon de vous améliorer, et à mesure que vous vous améliorez, vous améliorez votre monde.

 

Laissez-moi vous donner un exemple rapide de la façon dont ça marche: un jour, quelqu'un m'a envoyé un courriel qui m'a contrarié. Auparavant, j'aurais traité la situation en travaillant sur mes points faibles émotionnels ou en essayant de raisonner avec la personne qui avait envoyé le message désagréable.

 

Cette fois-là, j'ai décidé d'essayer la méthode du Dr Len. Je répétais en silence «Je m'excuse» et «Je vous aime», je ne le disais à personne en particulier. J'évoquais simplement l'esprit d'amour pour guérir en moi ce qui avait créé la circonstance extérieure.

 

En dedans d'une heure j'ai reçu un courriel de la même personne. Il s'excusait pour son message précédent. Rappelez-vous que je n'avais pris aucune mesure extérieure pour obtenir ces excuses. Je ne lui avais même pas répondu. Pourtant, en disant «Je t'aime», j'avais en quelque sorte guérie en moi ce qui le créait.

 

J'ai par la suite participé à un atelier de ho'oponopono animé par le Dr Len. Il a maintenant 70 ans, il est considéré comme un grand-père chaman et il est quelque peu solitaire.

 

Il a louangé mon livre The Attractor Factor. Il m'a dit qu'à mesure que je m'améliorerai la vibration de mon livre augmentera et que chacun le sentira quand il le lira. Bref, dans la mesure où je m'améliorerai, mes lecteurs s'amélioreront.

 

«Qu'en est-il des livres qui sont déjà vendus et qui se trouvent un peu partout (out there )?», ai-je demandé. «Il ne sont pas "un peu partout"», a-t-il expliqué, m'étonnant encore une fois avec sa sagesse mystique. «Ils sont encore en vous.» En résumé, il n'y a pas d'un peu partout.

 

Cela prendrait un livre entier pour expliquer cette technique avancée avec la profondeur qu'elle mérite. Qu'il suffise de dire que chaque fois que vous voulez améliorer quelque chose dans votre vie, il n'y a qu'une seule place où regarder: en vous.

 

Quand vous regardez, faites-le avec amour.

 

* Ho'oponopono signifie rendre droit, rectifier, corriger

Publié dans Ho'oponopono

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Derrière les apparences de l'univers par Nicole Montineri

Publié le par Laurent Caigneaux

Source blog Eveil impersonnel, Patrice Gros : link
Derrière les apparences de l'univers 
se trouve la réalité éternelle

Entretien avec Nicole Montineri
  
Après avoir vécue l'éveil lors d'une grave maladie, Nicole témoigne de cette compréhension lors d'un entretien en toute simplicité. Un entretien éclairant pour de nombreux chercheurs. La quête est nécessaire, mais la vérité surgit spontanément par un lâcher prise qui se déroule à notre insu.


Question : Vous témoignez dans votre livre « N'ayons pas peur de mourir » (Editions Accarias l'Originel) d'une ouverture soudaine survenue lors de circonstances difficiles, après 30 ans de recherche spirituelle. Quelles ont été ces conditions ?


C'est en 2006, lors d'une g
rave maladie, que j'ai pu vivre ce que mon engagement dans la voie spirituelle avait consenti à esquisser. J'ai alors réalisé ce qu'enseignent tous les sages et les mystiques depuis des millénaires : derrière les apparences de l'univers se trouve la réalité d'une conscience éternelle, la seule réalité qui soit.

Cette réalisation peut survenir à chacun d'entre nous à un moment donné de son existence. Elle a une portée universelle, car chaque éveil d'une conscience a un retentissement dans le cosmos entier.


J'ai hésité à témoigner de ce que je venais de vivre. Pas auprès de mon entourage proche qui, enveloppé de ce courant d'amour, a reçu cette réalisation comme un cadeau, mais auprès d'un public plus large. Comment dire la Réalité ? Il est difficile d'exprimer par des mots la perception de la Conscience en toute chose, de l'union indissoluble de chaque être à l'énergie de la vie. Les mots sont adaptés à notre monde duel et temporel et ne peuvent nous donner la réponse intérieure propre à chacun, qui attend d'être découverte au fond de nous. Cependant, ce sont aussi des paroles que j'avais lues et entendues tout au long de ma quête spirituelle qui m'ont aidé à y voir clair, comme des balises disposées au fil du voyage, qui ont ouvert les vannes de ma compréhension du sens de la vie. Les mots font leur propre chemin en nous, à condition bien sûr qu'on ne les saisisse pas. J'ai donc décidé de témoigner. Ce qui m'avait été permis de voir, je devais tout simplement le dire, encouragée par Arnaud Desjardins qui m'a écrit : «  Que votre expérience et votre réalisation puissent être une aide pour les autres. »


Cette réalisation soudaine, vécue dans un état d'ouverture totale, de réceptivité sans intention, sans projection, faisait bien partie de ma trajectoire de vie, en accord avec mon cheminement intérieur. Elle est venue me montrer une réalité – la Réalité – que je percevais par des intuitions, que je recherchais intensément, de tout mon être. Juste avant ma maladie, j'avais la sensation d'être arrivée à la fin d'un cycle, entamé il y a trente ans. Toute poursuite de quelque chose m'avait abandonnée. Le silence avait commencé à s'installer en moi, laissant les désirs s'éteindre d'eux-mêmes. Dés que l'on commence à se tourner vers l'essentiel, les choses non essentielles renoncent à nous d'elles-mêmes. Peu à peu, je commençais à regarder la vie à partir de cet espace vide d'où tout émerge, et non plus à partir de ce qui en nous cherche, agit et se tourmente.


Question : Pouvez vous nous décrire ce qui a été ressenti pendant ce moment ou l'éveil est survenu ? L'éveil n'est-il pas la dissolution de la « personne » que je crois être ?


C'est par l'expérience de la mort proche que j'ai fait le grand saut dans l'espace pur et vide de la Conscience. Lorsque j'ai senti que mon corps, arrivé au bout de ses forces, allait m'abandonner, j'ai accepté cette nouvelle situation sans angoisse, sans peur. La peur de la mort est seulement une pensée qui émane de l'ego qui sait que tout ce à quoi il s'identifie cessera de fonctionner et qu'il ne poursuivra donc pas son existence. A cet instant, je n'avais aucun désir de me rattacher à quoi que ce soit, même aux douleurs que j'endurais. Le moi s'était déjà effacé. Je n'attendais pas une expérience particulière, qui serait forcément issue de ma mémoire. Mon esprit était vide. Je me sentais totalement libre, sans l'interférence de pensées, de projections ou d'images. Cet état d'abandon, de disponibilité totale, n'est-ce pas cela l'amour ?


Les sens se sont fermés. Ce fut le silence. Il n'y avait plus rien, mais ce n'était pas effrayant. La sensation était douce, paisible, hors du temps. Portée par l'énergie qui baigne l'univers, j'avais l'impression d'une respiration qui était comme une pulsation continue. Puis soudain, ma conscience éclata dans toutes les directions. Elle embrassa l'espace infini de l'univers, qui se trouva dissous en une lumière intense. J'étais devenue cet espace ouvert, illimité. J'avais une sensation de légèreté joyeuse… mais qui « je » ? Il n'y avait plus personne… « Je » n'était plus là pour s'approprier la perception. La lumière n'était pas vue. Elle n'était autre que la conscience elle-même qui se déployait librement dans l'espace. Ce déploiement révélait l'essence de la conscience : elle était cette réalité qui embrassait tout en tant que substance absolue. Elle se reconnaissait par elle-même, à la fois vide et pleine, en repos et en mouvement.


Lorsque la réalisation de la vérité survient, elle est tellement profonde qu'elle laisse la place à un grand vide silencieux. La paix et la joie ressenties donnent la certitude qu'on a retrouvé notre vraie demeure. On se sent pleinement en vie dans ce vide lumineux !


La vibration qui m'enveloppait et me pénétrait était celle de l'Amour, un Amour infini, impersonnel, qui rayonnait dans le silence – matrice de l'univers. Nous venons de lui, nous sommes nés de lui et vivons en lui. Il n'est autre que la Vie. Cet Amour sans condition était perçu comme l'essence même de l'espace dans lequel ma conscience s'était absorbée, une énergie tendre et puissante qui laisse être ce qu'il y a d'éternel en nous.

Au sein de cet Amour cosmique, la liberté me fut donnée de rester dans cet état de félicité parfaite ou de prolonger un peu le voyage terrestre…

Question : Après cette expérience, comment s'est déroulée votre retour et votre perception du monde matériel ?


Lorsque je suis revenue ici, j'ai vécu totalement immergée dans la lumière pendant un mois et demi environ. Tout ce qui était vu, les êtres, la nature, l'était par et dans cette lumière. Je sentais à peine les douleurs de mon corps, l'inflammation pourtant très aiguë des nerfs de ma jambe. Une immense gratitude envers ce qui Est me submergeait à tout moment. Encore maintenant…


La vie en soi et autour de soi devient précieuse. On se sent en communion avec tous les êtres vivants, avec le monde, avec l'univers entier. Au sein de ce rayonnement joyeux, on est tranquille, réconcilié et libre. Il y a en soi un niveau de perception jamais atteint. On touche à la plénitude. On se sent illimité, contenant à la fois tout l'humain que nous sommes et le cosmos entier. Les pensées, les émotions continuent d'arriver, bien sûr, mais elles ne sont plus arrêtées, plus entretenues. Elles sont comme désagrégées dans la chaude lumière de l'espace infini. Le mental n'est plus un problème lorsque nous avons découvert notre véritable nature, celle de tous les êtres, celle de la vie. Nous arrivons à tout accueillir sans faire obstacle, sans fixation mentale ou crispation émotionnelle. Nous laissons les choses qui viennent nous traverser sans qu'elles nous dominent ou nous tourmentent. Nous les observons dans le calme, les laissant se déployer puis s'effacer, sans rien précipiter, sans rien anticiper. Nous sommes en accord avec le mouvement universel, nous ressentons que nous faisons totalement partie du cosmos, que nous participons pleinement à sa prodigieuse aventure. Chaque chose est vue comme émergeant d'une source unique et se mouvant au sein de la globalité de la vie.


Vivre ainsi conduit à percevoir sans cesse plus finement la grandeur incommensurable du mystère de la vie. Le silence qui est en nous depuis l'origine, duquel tout émerge et auquel tout retourne, imprègne tout notre être, notre corps, notre esprit, accompagne tous nos actes. La réalisation de notre véritable nature transforme notre façon de vivre l'instant, désormais plus détendue, plus libre, nous disposant à accueillir chaque évènement tel qu'il surgit, comme un don de la vie. On ne se sent plus lié aux circonstances. On se contente d'être dans chaque situation où la vie nous place. Ce n'est pas qu'il n'y ait plus de problèmes, mais il n'y a plus personne pour s'en emparer et les faire siens. La personnalité avec ses exigences s'est effacée. Son jeu était tellement dérisoire !


Question : Nicole, cet éveil est survenu après une recherche d'une trentaine d'années. Comment voyez vous ces années ? Quels ont été les obstacles que vous avez rencontrés ?


Cette ouverture à l'espace intérieur de liberté est survenue après plus de trente ans de questionnements sans relâche. J'ai toujours été poussée de l'intérieur par une forte exigence de compréhension du sens de ce monde, de cette vie. Pas une exigence prudente, raisonnée, mais une sorte de feu brûlant. J'ai beaucoup lu, réfléchi, douté aussi. J'ai connu le découragement, la sensation d'être enfermée entre des murs sans ouverture… Sur ce chemin – qui n'en est pas un – on apprend à s'observer en relation avec les autres, en toute lucidité, à voir ce qui est, sans autre but que voir, sans s'épuiser à vouloir tout saisir, à vouloir poursuivre une foule de désirs, mêmes spirituels. Un Chercheur de Vérité, c'est un être de passion qui laisse la vie devenir pleinement manifeste en lui, en la laissant circuler librement à travers son propre espace.


C'est de cet espace de liberté et de paix, qui ne connaît jamais la souffrance, que se dégage peu à peu la vision claire, globale, détachée et sensible. Personne ne peut faire à notre place ce travail exigeant d'attention à ce qui se déroule en nous et autour de nous, d'observation lucide de nos pensées parasites, de notre bavardage incessant, de nos réactions désordonnées. Nous sommes seuls sur cette voie rigoureuse du dépouillement, du renoncement à nos innombrables illusions. Cependant, si nous l'acceptons, nous sommes aussi magnifiquement aidés à comprendre ce qui émerge par tous ceux qui nous ont précédés. Tous les textes de spiritualité que j'ai pu lire ont contribué à ouvrir ma conscience, à accueillir sans confusion ce qui se présentait.


Le risque pour quelqu'un comme moi qui lisait beaucoup est que l'étude et le savoir viennent renforcer le mental, le figer, et qu'ensuite il n'accepte pas de s'effacer à l'instant précis où il le faudra. Même dans la quête spirituelle, le mental vient mettre une distance entre ce qu'il pense vivre et la réalité telle qu'elle est. Les difficultés surgissent toujours lorsque nous ne sommes plus en contact direct avec le flux de la vie. Intuitivement, je savais que le mental ne trouverait pas la vérité par des efforts ou des contraintes. Il est impuissant à découvrir la vraie nature de la vie, car il est le produit de la mémoire qui fait écran à la réalité toujours changeante. Il faut le laisser fonctionner librement, le laisser chercher, creuser, jusqu'à ce qu'il réalise de lui-même qu'il est l'obstacle ! Dés qu'il comprend qu'il ne pourra jamais embrasser ce qui le contient, il se calme, s'efface, et la paix qui attendait d'être découverte en nous s'installe enfin… Nous ressentons alors cette joie immense qu'il y a de vivre dans la spontanéité de l'instant. Notre espace dévoilé, désencombré, laisse passer tranquillement tout ce qui arrive. Cet espace grand ouvert, c'est notre conscience qui affleure et nous fait percevoir la réalité ultime dans la multitude des phénomènes qui se manifestent. La vie prend alors son véritable sens, vécu en soi comme une évidence.


Ce sens nous est révélé au cœur de notre existence quotidienne. C'est pour cela que nous devons aimer notre parcours terrestre, avec ses évènements, ses rencontres, ses réussites et ses échecs, aimer ce que nous sommes, fruit de ce que la vie nous propose. Ce qui importe, c'est de vivre intensément le quotidien, de comprendre la signification de nos expériences, de tout accueillir, de tout faire nôtre afin de percevoir la puissance d'amour à l'origine de chaque manifestation. Cette puissance, c'est l'énergie consciente de la vie. Lorsque notre attention sensible, libre de toute attente, nous fait accueillir spontanément chaque fait, chaque perception, sans passer par la pensée qui trie, qui juge, prolonge ou rejette, nous sommes naturellement dans cette énergie. La paix ressentie est sa substance.


La vie n'est pas ce que fabrique notre esprit, avec ses certitudes et ses doutes. Elle est bien plus vaste. Comment pourrait-elle contenir dans ce cadre étriqué ? La vie n'est pas ce contenu. Elle est le contenant. Elle est ce que nous sommes. Ce qui m'a été permis de comprendre au fil de cette quête, c'est que la seule façon de vivre qui soit est de nous abandonner en confiance à l'énergie intelligente de la vie, de nous laisser couler dans le flux qui nous porte, sans permettre à notre esprit de venir l'entraver. La vie nous aime. Ayons confiance en elle et nous serons surpris de voir où son souffle nous mène…


La vie est en se renouvelant. La paix ne peut rayonner qu'à partir de notre confiance envers ce mouvement à chaque instant renouvelé. Ce sont nos individualités qui, s'identifiant aux plaisirs et aux chagrins qui surviennent, puis souffrant dans la mémoire de blessures et dans l'attente de futurs meilleurs, bloquent le flot de la vie. Nos individualités, loin d'affirmer la liberté en s'imposant, comme elles le croient, l'entravent. Dés lors, le mouvement de la vie se fige au sein de notre espace… Cet espace est le lieu où tout se déroule, où l'intelligence de la vie prend conscience d'elle-même dans une danse spontanée et amoureuse. L'ouverture à cet espace de liberté ne peut se produire que si nous mourons à tout ce qui l'encombre, à nos pensées confuses, aux images que nous créons de nous-mêmes et des autres, aux liens qui nous enferment à travers nos plaisirs et nos blessures, que si nous mourons à tout ce à quoi notre esprit s'accroche. Celui-ci n'est jamais libre. Ne le laissons pas discuter sur tout. Il nous manipule sans cesse à partir de sa mémoire et de ses conditionnements. C'est lui qui fabrique et nourrit nos ego. Vidons-le, en toute sincérité et en toute confiance, de tout ce à quoi il s'attache au fil du temps, de tout ce qu'il accumule et qui fait écran à la tranquillité et à la clarté de notre être véritable. Etre vide de soi, c'est être plein de l'intelligence de la vie qui peut alors nous traverser sans obstacle. Sans vide, pas de plénitude.


Cette compréhension n'est pas l'aboutissement d'une recherche spirituelle, mais est au cœur de chaque instant du parcours. A chacun des pas de notre destinée terrestre, il nous appartient d'accueillir les évènements avec douceur, avec bienveillance, de leur ouvrir notre espace intérieur, cette liberté d'être que nous offre la vie, afin qu'ils s'y apaisent, qu'ils s'y effacent. Il nous appartient de les laisser passer à travers nous comme l'énergie de vie que nous inspirons puis expirons, aussi naturellement, aussi légèrement, sans nous y accrocher mentalement. Soyons vides comme la source d'où tout émerge et où tout retourne. Un jour, à notre mort, toutes nos histoires personnelles disparaîtront dans ce grand vide…


Question : Que diriez vous aux chercheurs spirituels de la nature de l'obstacle à l'éveil, et de notre réalité ultime ?


C'est à l'intérieur de notre espace vide de toutes représentations objectives que nous pouvons réaliser le grand saut hors du temps, dans l'unité de la vie. La réalité de notre nature véritable ne peut être vue que lorsque les dépouillements de ce qui fait obstacle à la vision ont été accomplis, lorsque nous avons renoncé à toutes nos fausses identifications. Rien ne nous sépare jamais de notre essence, si ce n'est notre mental. J'ai dit tout à l'heure que le chemin n'en est pas un, car il n'y a pas de distance pour aller vers ce que nous sommes de toute éternité. C'est notre esprit qui fabrique cette idée de distance à parcourir, qui crée des étapes et un but à atteindre. Il nous lie au temps dans cette prétention de progrès. Tout est déjà là, dans cette énergie éternelle et vibrante d'amour qu'est la vie.


Très jeune, j'ai eu l'intuition qu'il y a une part de nous-mêmes qui survit à notre mort physique, et l'envie très forte d'en connaître la nature. Je n'étais mue que par cet appel de recherche de sens qui aiguisait ma sensibilité à la nature éphémère des choses. J'ai su très tôt que la mort était la clé du grand mystère. Cette connaissance tout intérieure, loin d'assombrir mon existence, lui donna une liberté et une intensité joyeuse. Je sentais qu'il fallait que je reste pleinement éveillée au contact de la vie, libre de m'exposer totalement à son énergie, sans protection, malgré les évènements que l'on ne comprend pas toujours. Un jour, surgit l'évènement qui nous fait pénétrer au cœur de la réalité ultime, et alors tout est clair...


C'est cette part éternelle qui s'est révélée lorsque tout mon être s'est abandonné sans restriction à ce qui lui était proposé de vivre comme un ultime élan. Elle n'est pas liée à notre personnalité, ne dépend ni de nos pensées, ni de nos actes. Elle n'est concernée par aucune souffrance, aucune attente de bonheur, aucune limitation. Elle est l'essence même de ce que nous sommes en vérité. Elle est ce flux ininterrompu présent dans toutes les formes, ce témoin qui observe en silence tout ce qui apparaît et disparaît dans son champ illimité.


Nous n'avons rien d'autre à faire que de découvrir en nous cette source silencieuse qui rayonne aux dimensions infinies de l'univers et de nous y absorber. Nous sommes cet espace vide, cet infini. Nous sommes la Vie. Nous pouvons nous reposer… Chaque chose suit son cours. Chaque être est vu tel qu'il est : conscience semblable à la nôtre, observatrice immuable de nos existences. Chaque évènement est accueilli avec sérénité, car il n'a plus de signification égocentrique. Nous voyons, par delà le jeu du bien et du mal de notre monde, la beauté de l'essence de la vie. Tout coule avec fluidité, car ce ne sont plus nos ego qui veulent, mais ce sont les forces de la vie qui agissent à travers nous et nous mènent où elles veulent. Tout se développe selon un processus harmonieux, dans le consentement à ce qui est. Ceux que nous rencontrons ressentent notre paix et notre liberté, c'est notre façon de les aider. Nous sommes capables de vivre sans perdre notre unicité, en observateur paisible dont les gestes sont dépouillés de vanité et d'agitation désordonnée. Nous pouvons agir au sein de notre société stressée, déboussolée, en être authentique inspiré par sa conscience. Car nous demeurons dans le silence de notre part éternelle, là où le fardeau du personnage social et de ses exigences disparaît.


Le silence est la substance dans laquelle baigne l'univers. Il est l'origine. C'est le silence qui m'a enseignée lorsque ma conscience s'est absorbée dans une expansion illimitée. Il ne faut pas avoir peur de lui lorsque nous le découvrons. Il émane du plus profond de ce que nous sommes et nous y conduit. Il est la liberté de notre espace intérieur, et non la prison de notre mental qui divise la réalité, qui crée une séparation entre le monde et notre réponse au monde. Il apparaît dés que nous sortons de nos petits moi. Il nous révèle ce qui est réellement manifesté et nous dispose à l'accueillir avec sérénité. Il nous fait vivre avec la conscience de notre voyage éternel au sein de l'énergie cosmique, vide et cependant pleine de toutes les potentialités infinies de la vie. L'absolu est ici, à chaque instant de ce voyage. Il n'est pas autre chose que cette énergie d'amour qui nous porte et nous pénètre.



Propos recueillis par Jean-Pierre Chometon, 
pour le revue Sources.

Source du texte : Nicole Montineri.

Publié dans Inspirations

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L'intensité du silence de Yolande Duran-Serrano

Publié le par laurentcaigneaux.over-blog.com

Yolande

Nous sommes antérieurs à tout ce que nous croyons être.


C'est le silence qui guérit.

En un instant plus rapide qu'un clin d'œil, le silence vous guérit de l'idée d'être quelqu'un. Le problème est réglé éternellement à la source. Ce basculement est si puissant que vous ne pouvez que constater que tout ce que vous croyez être n'est qu'une illusion. C'est la mort psychologique. Fin de l'histoire du moi, du je suis, de l'ego, de la personne.
Fin de la souffrance : l'ego n'a plus le pouvoir de se construire d'instant en instant …
Reste la beauté du vide plein, la joie de ne rien être, la paix, l'amour, le silence.
Ce silence est le plus précieux, le plus beau des livres, car il donne une connaissance infuse.

L'existence est spontanée, l'inexistence aussi…

Au beau milieu d’une existence banale, de mère, épouse, femme d’affaires, Yolande connaît un éveil spontané en 2003. Sans référence à aucune tradition spirituelle, elle témoigne ici pour la première fois.

Pendant quarante ans, comme tout le monde, je me suis prise pour mes pensées, pour mon corps : je me prenais pour une personne. Et puis il y a eu ce basculement. En un instant, spontanément, ce silence dans ma tête. Plus de pensées : le silence, une stupeur, un étonnement profond qui ne laissait place à rien d’autre.

Alors je me suis mise à observer. Mon fonctionnement avait changé. Il y avait « cette chose », ce silence… et tout le reste. Le reste, ce que j’appelle le je suis, c’est-à-dire le contenu de l’instant : j’ai vu que tout apparaissait dans cette chose, d’instant en instant. Que tout y disparaissait.

Ton fonctionnement avait changé, dis-tu ?

Il y avait une légèreté, un bien-être. Je me sentais en phase avec moi-même, en phase comme je ne l’avais jamais été. Les choses se présentaient, les situations, les événements, même ceux qui auparavant m’auraient dérangée… je ne trouvais rien à y redire. Je ne réagissais plus, en fait. Et lorsque, deux mois plus tard, mon fils est mort dans un accident… même chose. Ce silence, cette tranquillité m’empêchait de réagir, m’empêchait d’être une mère détruite par la mort de son fils. J’ai vu que la souffrance n’existait pas.

La souffrance n’existe pas !?

Ce n’est pas la situation qui fait souffrir. Pour moi, il y a le silence. La situation ne fait pas souffrir quand le silence, quand cette chose est là.

Cette chose, qui la voit ? Yolande ?

C’est cette chose qui voit. En elle apparaît la vision, la clarté qui voit tout ce qui apparaît. En fait, c’est simultané : à l’avant-plan il y a cette chose et… le reste, tout ce qui apparaît, toute l’existence, au second plan.

Cette chose est l’espace qui est avant toute chose, toute pensée, tout événement. On ne peut pas la comprendre : c’est elle qui comprend tout, qui englobe tout. Cette chose - appelons-la Silence, Présence, Puissance, Amour ou Ultime Réalité, de toute façon aucun mot ne peut en rendre compte - cette chose, on peut seulement la vivre. Au début, je croyais qu’elle était au fond de moi. Maintenant je vois qu’elle est partout. Elle est tout. Il n’y a rien d’autre, rien qui ne soit elle. Il n’y a plus à s’inquiéter, à s’accrocher à rien.

Cette chose est au fond de toi et partout… Et Yolande, où est-elle ?

Yolande apparaît toujours, mais dans le second plan, comme le reste. Elle existe sans exister. Elle n’existe plus mais elle est là. Elle n’a plus de pouvoir. C’est ce silence, cette puissance qui a pris le pouvoir sur tout.

Elle a tout de même des pensées, des émotions…

Bien sûr des pensées, des émotions peuvent surgir. Mais cette puissance les balaye instantanément, elle les laisse au second plan. Donc tu n’as aucune possibilité de t’identifier à elles. Et cette chose est si puissante que tu ne peux revenir en arrière, tu ne peux revenir à ton ancien mode de fonctionnement, t’identifier à… tout ce que tu n’es pas.

Ça m’est arrivé parfois, au début, d’essayer de penser comme avant, de faire des projets comme avant. Impossible. Tout comme, autrefois, si j’avais voulu arrêter de penser je n’aurais pas pu, aujourd’hui, si je veux penser, eh bien je ne peux pas. C’est aussi simple que ça.

Et les émotions, toutes ces réactions automatiques qui nous viennent ?

C’est pareil. La peur, la tristesse, c’est comme le reste : un mouvement qui passe en toi et qui repart. S’il n’y a personne pour se l’approprier, il n’y a pas de peur, pas de tristesse. Il n’y a pas de réaction.

D’où viennent, selon toi, les réactions ? Y a-t-il moyen de s’en libérer ?

Elles viennent de la pensée. De la croyance en l’idée d’être une personne. Quand cette croyance tombe – et cela se fait en un instant, pas besoin de vingt ans de pratique pour ça – il n’y a plus que ce silence, cette intensité, alors tu te laisses faire. Il y a ce point de vue neuf qui est toujours là, ce vide plein, ce silence tantôt très intense et tantôt doux mais toujours présent. C’est une sensation, comme un toucher, une présence qui ne te lâche pas, même au milieu de l’action, de la concentration. Ce toucher omniprésent qui t’englobe, qui englobe tout le contenu de l’instant, t’empêche de t’identifier à la pensée, à l’émotion qui surgit. C’est lui qui te donne le sentiment profond que la personne n’est pas. Et c’est lui, c’est cette sensation qui devient vision, action… parce que cette spontanéité, cette sensation constante ne te permet pas d’être dans ta tête. C’est la sensation qui voit, directement. Et la vision, c’est l’action.

La vision c’est l’action ?

Quand tu es dans la fluidité, il y a action, sans filtre, sans pensée. Tu vois, tu sens; l’action, le geste, la parole se présentent spontanément, sans que tu aies eu à les penser.

Comme si la réalité de l’instant te dictait le geste juste ?

Tu vois que les choses se font toutes seules, sans besoin de les penser… La vie n’a pas besoin d’être pensée. Juste besoin d’être vue. Le reste se fait tout seul.

Le simple fait de voir…

… fait. Tu vois cette fluidité qui agit.

Et l’amour, dans tout ça ? Tu dis que cette chose c’est l’amour… Qu’en est-il de l’amour entre deux personnes ?

C’est la non-relation qui permet la relation.

La non-relation ?

La non-relation avec la personne que tu croyais être. La non-séparation. Et c’est cette chose au dedans qui permet ça. C’est elle qui permet l’amour, qui est amour.

Dans la fusion amoureuse, on entre en relation avec la non-relation à l’intérieur de soi. C’est dans cette non-relation, cette chose, que réside l’amour. Et c’est parce qu’on entre en contact avec elle que l’on dit, que l’on sent « je suis amoureux ». L’autre n’y est pour rien. Ni soi-même. Ni la relation entre les deux… C’est l’écoute de cette chose, en nous, qui permet l’amour. C’est elle qui te fait découvrir que l’amour n’est pas à l’extérieur, qu’il ne dépend de rien, d’aucun objet, d’aucun état : c’est quelque chose qui est là, à l’intérieur. Plus besoin de chercher le bonheur à l’extérieur : cette chose qui te rend vivante, aimante, aimée… elle est avant tout, elle est là. Et c’est de cette chose, de cette non-relation, que l’on tombe amoureux. Un amour qui ne peut être détrôné par quoi que ce soit.

C’est vrai aussi que dans la relation amoureuse il y a des instants d’oubli de soi-même, des instants d’intimité qui sont cette fusion, cette non-séparation. Le problème, c’est que quand il y a « tomber amoureux de » l’objet ou la personne, tu rentres dans une relation avec toi-même et tu ne vas plus penser qu’à ça, qu’à cette personne. Donc tu te coupes de l’essentiel. Cette même passion devrait être pour cette chose invisible qui te permet d’être dans la non-relation avec toi-même, donc aussi avec l’autre, et te permet de sentir l’intensité de l’instant présent plutôt que l’intensité de la seule relation avec cette personne.

Cela signifie-t-il que tu ne peux plus tomber amoureuse de quelqu’un ?

Tu es tombée amoureuse de cette chose invisible, ça, c’est sûr. Mais tu peux quand même tomber amoureuse de quelqu’un, puisque c’est ce que je vis. C’est beau de voir que, dans l’instant, tu es aussi amoureuse de cette personne. Mais si elle n’est plus là, ou si elle s’absente, rien ne manque. Cette chose est toujours là et elle te permet de vivre, même sans cette personne, dans un bien-être total.

Donc, Yolande peut tomber amoureuse… Ce n’est pas une émotion, ça ?

C’est l’intensité qui guide. Auprès de telle personne elle est plus forte qu’auprès de telle autre. L’intensité est là : tu la suis. C’est elle qui te fait être ici, ou là, avec celui-ci ou avec celle-là. Tu ne décides pas : tu y vas, tu y es. La tête n’intervient pas. L’émotion non plus.

Dans cette intensité, comment perçois-tu l’autre, tous les autres ?

Je les perçois comme moi, comme les arbres, la montagne, mes pensées : au second plan. J’en reviens toujours là. Ils sont là sans être là. Ils sont passés au second plan au même titre que moi, que mon corps, que tout ce que je croyais être.

Oui, mais comment perçois-tu chacun ? Il y a des différences de l’un à l’autre, tout de même… même au second plan!

Ce que je sens, surtout, c’est ce qu’il y a de plus proche en moi, c’est-à-dire mon corps, les sensations de mon corps qui se sont amplifiées à l’infini. Dans ce second plan, le plan du je suis, c’est le plus proche. C’est sensation, intensité, mouvement. Cette intensité varie avec ce qui se présente dans le contenu de l’instant, proximité de telle ou telle personne incluse. Mais il n’y a pas la pensée pour dire « parce que je sens tel mouvement dans mon corps, cette personne est comme ci », ou « je dois faire comme ça ». Ce qui va se faire dans l’instant se fera… mais ce ne sera pas le résultat d’un savoir, d’une compréhension : c’est le silence qui agit.

Tu ne peux rien t’approprier ?

Non.

Mais perçois-tu mon psychisme, mes états d’âme ?

Tu es là, tu sens, tu te laisses traverser par ce qui se passe, par un mouvement que tu sens dans ton corps, fusionné avec tout le reste. Mais tu n’interviens pas, tu n’as pas de réaction, d’opinion, de commentaire. Quand quelqu’un entre dans la pièce, tu peux sentir un mouvement plus inconfortable, ou sentir au contraire l’intensité qui se déploie, mais tu n’en déduis rien. Tu ne cherches pas à comprendre pourquoi, comment, ni s’il y a quelque chose à résoudre et comment. Tu sens, point.

Et quand quelqu’un se confie à toi, te demande conseil ?

Tu ne fais qu’être écoute. Il n’y a pas de mouvement de Yolande qui pense ceci ou cela. Mon je suis est partagé avec tout ce contenu de l’instant, et je laisse toute la place à cette chose à l’avant-plan, cette chose avant le je suis, pour agir si elle doit agir. Donc si un geste vient, il vient du silence. C’est lui qui sait. C’est lui qui fait.

Que faire pour vivre ce silence ?

Je fais une totale confiance à cette présence dans l’invisible. Donc la seule chose qui peut être dite, il me semble, c’est d’être ce que l’on est dans l’instant, de le vivre pleinement, simplement… et de laisser la spontanéité faire ce qu’elle a à faire.

C’est quelque chose qu’on ne peut pas comprendre, pas apprendre, ni vouloir, ni savoir. Alors : se laisser faire – quoi d’autre ?

Vivre l’instant pleinement, simplement… ce n’est pas si simple!

Il y a des tas de moments dans la vie où l’idée de la personne disparaît, où il n’y a plus que cette chose qui voit. Les moments de joie, d’étonnement, d’émerveillement devant un paysage ou une belle musique. Les chocs aussi, une peur violente… Mais le plus souvent on ne les remarque pas, parce qu’aussitôt après la pensée se les approprie… Rester là, plutôt. Avant la pensée : sentir. Rester simplement avec cette sensation, sans vouloir comprendre ni résoudre rien. Avoir toute son attention portée sur cette sensation, et l’accepter surtout, l’accepter silencieusement, pas mentalement. Vraiment l’accepter totalement, en étant… simplement.

Beaucoup de gens croient qu’il faut qu’il y ait une lumière, une grande lumière, des choses extraordinaires… Et si simplement c’était ça ?... Quand le silence est là : rester avec ce silence, cette tranquillité, découvrir au fur et à mesure ce que ça te procure comme légèreté de voir que tout est là, OK, mais c’est au second plan – pas besoin d’en faire un monde. Et quand c’est l’inconfort : rester avec cet inconfort, totalement, se laisser engloutir par lui, se laisser mourir – une mort psychologique - pour pouvoir laisser place à ce silence, le laisser prendre le dessus une bonne fois pour toutes…

Rester là, avec cette sensation de l’instant, cette intimité… Rien que d’être là, tu n’es déjà plus là. Parce que tu sens tout le contenu de l’instant présent, sans interférer. Donc tu n’as plus l’idée d’être une personne : tu n’es que sensation. Tu sens cette conscience, peut-être encore un petit peu individuelle, que « ton » corps est inconfortable avec cette tristesse, ce malaise où tu es : déjà c’est un cadeau, parce que tu te rends compte que l’instant, l’intensité, la vérité n’est pas dans ta tête… C’est merveilleux de pouvoir sentir ça, déjà! Déjà accepter cette simplicité de sentir que la vie c’est ça, ce n’est pas voir des lumières ou entrer en extase : c’est ça, aussi. C’est la simplicité de ne pas être cette personne qui ressent. C’est sensation, point.

Qu’est-ce qui fait que, pour la plupart, ces instants ne durent pas ? Que l’agitation revient ?

C’est un problème d’identification. Le mental revient, redevient le plus fort et te piège. Piégé, tu y crois fermement, tu oublies le silence et cette chose puissante qui est là.

Vivre ces moments quand il se présentent.

Les vivre avant la pensée…

La pensée aussi, il faut l’accepter. Elle reste au second plan. Laisser cette attention, cette sensation, cette chose au premier plan, dans cette simplicité totale, avant d’être cette personne qui dit « c’est à moi que ça arrive » ou « ça va passer ». Peut-être tout simplement accepter cette simplicité du silence, cette simplicité de sentir, cette simplicité d’être avant qui que ce soit. Rester dans cette simplicité de sentir, tout simplement, sans pour autant avoir été chercher cette tristesse, sans chercher à sentir ton corps ni quoi que ce soit d’autre.

Se laisser saisir par ce qui est là, parce que c’est là… Quel est le sens de la recherche spirituelle, alors, puisqu’elle vise toujours un savoir, un état, un progrès, quelque chose « devant » ?

Elle a encore un sens puisqu’elle est là, puisqu’elle se présente. Vouloir faire le contraire ce serait la même chose : ce serait refuser ce qui se présente… Je crois qu’il faut accepter tout ce qui se présente, que ce soit de méditer, de faire du yoga, d’avoir l’air d’être dans une recherche spirituelle – alors que ce qui entraîne dans tout ça, comme dans tout le reste de la vie d’ailleurs, c’est quand même et toujours cet état premier.

Donc continuer à se laisser faire, même s’il y a encore la personne qui est là, et qui veut, et qui espère. Sentir, plutôt que d’essayer toutes sortes de techniques… Mais il faut aussi accepter ces techniques : elles font partie du chemin qui se présente à soi…

Propos recueillis par Laurence Vidal

Publié dans Inspirations

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L'éveil de Yolande Duran-Serrano

Publié le par laurentcaigneaux.over-blog.com


  Si tu pouvais t'anéantir toi-même ne serait-ce qu'un instant, tout ce qui réside dans le mystère incréee du dedans de toi-même t'appartiendrait en propre.

Maître Eckhart



C’était au mois d’août, en 2003. La journée avait débuté comme n’importe quelle journée d’été. Mon fils était sorti, j’étais seule à la maison, à m’occuper de choses et d’autres. Et puis voilà que je l’ai remarqué…

Remarqué quoi ?

C’était comme un silence dans ma tête. Oui : un silence frappant… Où étaient passées mes pensées ?... Il y avait cet espace, cet intervalle entre les pensées qui les faisait passer au second plan. Comme si elles ne m’appartenaient plus ou, en tout cas, n’avaient plus de pouvoir sur moi. Je sentais une légèreté, un bien-être, l’impression d’être en phase, connectée avec moi-même comme je ne l’avais jamais été. Connectée à quelque chose d’inexplicable, d’inexprimable : ce silence…
Je me suis demandé ce qui m’arrivait. Et j’ai commencé d’observer.

Et ?...


Ce que je ressentais, c’était une modification de mon fonctionnement intérieur. À la vitesse de l’éclair, quelque chose m’était tombé dessus. Quelque chose que je n’avais pas vu arriver. Pas même s’installer. Et cette « chose » qu’aucun mot ne peut décrire avait pris le pouvoir sur tout.

Tu n’as rien vu arriver ?


Rien. Je n’ai pu que constater que tout était différent… Sur le moment, c’est ce silence qui m’a frappée. Dans les jours qui ont suivi, je me suis rendu compte que je ne vivais plus les choses comme avant. Les mille détails qui, dans une journée, m’agaçaient, une porte qui claque, les clefs qui disparaissent juste comme on s’apprête à sortir, une préoccupation ou une autre, tous ces micro-événements qui m’agaçaient en permanence sans même que je le remarque : tout ça ne me dérangeait plus. Je constatais : tiens, la porte est mal fermée, les clés ne sont pas dans ma poche… J’allais fermer la porte, je me mettais à chercher les clés… et je ne trouvais rien à y redire. Les choses étaient ce qu’elles étaient. Ma façon de les percevoir, d’y réagir, avait changé.

Tu ne réagissais plus, en fait ?

Voilà, je ne réagissais plus. Parce qu’il y avait ce silence, cette tranquillité qui était là, qui m’envahissait toute, et me laissait telle qu’était la situation.
Les premiers temps, j’ai regardé ça toute seule, au fond de moi, en me demandant ce que ça pouvait bien être… Comme je venais de fêter mes 40 ans, je me suis dit : « c’est formidable d’arriver à 40 ans! je me sens enfin en phase avec moi-même! je me sens si légère, si bien… »

Tu as mis ça sur le compte de la quarantaine, vraiment ?!

Oui, je me suis dit ça au début. Mais quand j’ai commencé à évoquer ce que je vivais autour de moi, je me suis aperçue que, même passé 40 ans, les gens ne ressentaient pas ce que je ressentais, ils n’avaient pas ce point de vue que j’avais.
Je n’avais que des amis très cartésiens. Tous étaient pris, comme moi, par la vie active. Pas plus que moi ils ne s’étaient posé de questions métaphysiques ni n’avaient ouvert un livre
« spirituel » ou de développement personnel… Ils m’avaient toujours connue très speed : à peine arrivée quelque part je voulais déjà être ailleurs. Et là ils me voyaient posée, tranquille tout d’un coup, sereine. Alors ils se réjouissaient pour moi.
« Tant mieux, tu as l’air bien », disaient-ils. Mais ils n’en savaient pas davantage sur ce que je vivais. Et moi non plus.
C’est là que je me suis interrogée sur ce qui pouvait bien se passer dans l’invisible, sur ce qui se passait à l’intérieur de soi. J’ai commencé à me renseigner, à entrer dans des librairies, à chercher des livres qui, peut-être, m’expliqueraient un peu ce que je vivais…

≈≈≈≈≈≈≈


Dans vos paroles vous témoignez d’une ouverture soudaine sans référence ou recherche spirituelles longues. Quelles ont été les circonstances de cet éveil ?

Un instant a suffit pour voir que tout ce que je croyais être je ne le suis pas. J’ai découvert par moi-même ma véritable nature et depuis je suis dans un étonnement profond.

Pouvez-vous nous décrire ce qui a été ressenti pendant cet instant où l’éveil est survenu ?

Une évidence absolue qui a prie le pouvoir sur tout ce que je croyais être.
Une force qui a pris le pouvoir sur les trois états (veille, sommeil et rêves) et tout leur contenues.
C’est la force la plus puissante de l’univers. LE SILENCE GUÉRIT. Ma vision a changé du tout au tout.
Ce n’est plus moi qui vois avec les yeux de mon corps mais c’est le silence qui voit.
C’est un état constant libre de penser. En un mot, ma véritable nature n’est pas de penser mais de voir ce corps et ses sens jouer leurs rôles. 

Que voyez- vous de différent ?


En fait avant mon attention était focaliser sur le monde et depuis cette rencontre l’attention est focaliser sur LE SILENCE. Donc, que j’ai les yeux ouvert ou fermer, je vois que cela.

Quel est votre enseignement ?

L’enseignement de Yolande n’est que l’expression de sa propre expérience et de sa réalisation.
Une personne réalisé utile son propre langage.
LE SILENCE est le meilleur langage.
LE SILENCE est le véritable enseignement.
LE SILENCE est ma seule référence.
Dans le silence de nos rencontres, laissons-nous guider par le pouvoir du Silence.

Présentation du livre - Page quatre de couverture :


LE SILENCE GUÉRIT
Yolande Duran-Serrano et Laurence Vidal


Printemps 2008 : deux femmes se rencontrent.
L’une, Yolande, vit depuis cinq années une expérience indicible, basculement soudain, éternellement répété, de tout son être au tréfonds de l’Être. Cet état – ce non état – se manifeste par un silence intense, un vide, une plénitude à la fois si extraordinaires et si simples qu’elle n’a longtemps pas eu de mots pour le dire. Étonnée d’abord, puis de plus en plus amoureuse de « cette chose » en elle qui a pris le pouvoir sur tout, Yolande se laisse guider, enseigner par elle. Et ressent de plus en plus le goût de partager ce Silence, cette manière d’être au monde empreinte de légèreté et de simplicité.
L’autre, Laurence, autrefois journaliste, se consacre à l’écriture, à la pratique du yoga et à la fréquentation des textes inspirés, qu’ils soient de métaphysique non duelle ou de mystique chrétienne et soufie.
Entre Yolande et Laurence, l’idée d’un livre germe. Elles ont du temps toutes deux, s’abandonnent au hasard providentiel de leurs conversations et de leur amitié naissante. Les mois passent... bientôt une année... Le Silence guérit en est le fruit.
À la fois tentative de dire cet indicible qu’on appelle l’Éveil et regard du témoin, Laurence, qui donne à voir Yolande dans sa vie de tous les jours et se trouve elle-même gagnée par des espaces de présence silencieuse, ce livre à quatre mains fait se tenir côte à côte une vie touchée par la grâce, une autre par l’espérance. Hors de tout courant spirituel ou religieux, puisque né d’une Libération intérieure spontanée, il témoigne du saisissement par l’ultime Réalité de soi-même et de tout. Saisissement, Silence qui est « l’ultime guérison, puisqu’il guérit de l’idée d’être une personne… »

"Merci à Yolande et à Laurence pour leurs témoignages émouvants.", Patrice Gros.

Publié dans Inspirations

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La méditation selon Krishnamurti

Publié le par laurentcaigneaux.over-blog.com

La méditation

(J.Krishnamurti, Se libérer du connu)

 

Chacun de nous veut vivre certaines catégories d'expériences, qu'elles soient mystiques, religieuses, sexuelles, ou celles de posséder beaucoup d'argent, d'exercer le pouvoir, d'avoir une situation, de dominer. En vieillissant, nous pouvons ne plus avoir d'appétits physiques, mais nous avons le désir de vivre des expériences plus vastes, plus profondes, de plus grande portée, et nous cherchons à les obtenir par toutes sortes de moyens tels que l'élargissement de notre conscience par exemple —qui est tout un art— ou l'intensification des sensations par des drogues.

 

Cet usage des drogues est un artifice qui existe depuis des temps immémoriaux. On mâche un morceau de feuille ou on absorbe le produit chimique le plus récent, pour obtenir, au moyen d'une altération temporaire de la structure des cellules cérébrales, une plus grande sensibilité, des perceptions plus élevées, qui ont un semblant de réalité. Ce besoin de plus en plus répandu d'expériences de ce genre révèle la pauvreté intérieure de l'homme. Nous nous imaginons qu'elles nous permettent d'échapper à nous-mêmes, mais elles sont conditionnées par ce que nous sommes. Si nous avons un esprit mesquin, jaloux, inquiet, nous pouvons prendre la drogue la plus récemment inventée, nous ne verrons que nos propres créations à notre mesure, nos projections émanant de notre arrière-plan conditionné.

 

La plupart d'entre nous aspirent à des expériences durables, que la pensée ne peut détruire, susceptibles de nous satisfaire pleinement. Ainsi, sous-jacent à cette aspiration, est un désir de satisfaction qui détermine la nature de l'expérience. Il nous faut donc comprendre à la fois ce désir et les sensations que l'expérience procure.

 

C'est un grand plaisir que d'éprouver une grande satisfaction. Plus une expérience est durable, profonde, vaste, plus elle est agréable. C'est ce plaisir qui dicte la nature de l'expérience à laquelle nous aspirons, et qui nous donne sa mesure. Or tout ce qui est mesurable est dans les limites de la pensée et susceptible de créer des illusions. On peut vivre des expériences merveilleuses et être dupé. Les visions qu'une personne peut avoir sont déterminées par son conditionnement. Vous pouvez voir le Christ ou le Bouddha ou tout autre personnage objet de votre culte, et plus vous serez croyant, plus intenses seront vos visions: ces projections de vos désirs.

 

Si, à la recherche d'une notion fondamentale telle que celle de la vérité, nous voyons Que sa mesure pour nous —est notre plaisir, nous projetons déjà l'idée de ce que serait cette expérience, et elle ne serait plus valable.

Qu'entendons-nous par vivre une expérience? Existe-t-il rien de neuf, d'originel, dans ce que l'on éprouvé au cours d'un tel événement? Il n'est que la réaction d'un paquet de mémoires, en réponse à une provocation. Ces mémoires ne peuvent répondre que selon leur arrière-plan, et plus on est habile à. interpréter l'expérience, plus cette réponse se développe. Vous devez donc non seulement mettre en question les expériences des autres, mais aussi les vôtres.

 

Si vous ne reconnaissez pas une expérience, c'est que ce n'en est pas une. Chaque expérience a déjà été vécue, sans quoi vous ne la reconnaîtriez pas. Vous la reconnaissez comme étant bonne, mauvaise, belle, sainte, etc., selon votre conditionnement, donc sa récognition doit inévitablement être vieille.

Nous voulons vivre l'expérience du réel —c'est ce que nous voulons tous, n'est-ce pas?— mais vivre le réel c'est le connaître et dès que nous le reconnaissons, nous l'avons déjà projeté et il n'est plus réel parce qu'il est dans le champ de la pensée et du temps. Ce que l'on peut penser au sujet de la réalité n'est pas le réel. Nous ne pouvons pas reconnaître une expérience neuve: c'est impossible. On ne reconnaît que ce que l'on connaît déjà, donc lorsque nous déclarons avoir eu une expérience nouvelle, elle n'est pas du tout neuve. Chercher des expériences nouvelles au moyen d'une expansion de la conscience, ainsi qu'on le fait avec des drogues psychédéliques, c'est encore demeurer dans le champ limité de la conscience.

 

Nous découvrons maintenant une vérité fondamentale, qui est qu'un esprit à la recherche des expériences vastes et profondes auxquelles il aspire est très creux et obtus, car il ne vit qu'avec des souvenirs.

Si nous n'avions pas d'expériences, que nous arriverait-il? Nous avons besoin de leurs provocations pour nous tenir éveillés. S'il n'y avait en nous ni conflits, ni perturbations, ni changements, nous serions tous profondément endormis. Donc ces rappels sont nécessaires pour presque tout le monde. Nous pensons que sans eux nos esprits deviendraient stupides et lourds, par conséquent nous avons besoin de provocations et d'expériences pour nous faire vivre plus intensément et pour aiguiser nos esprits. Mais en vérité, cet état de dépendance ne fait qu'émousser nos esprits. Il ne nous tient pas du tout éveillés.

 

Je me demande donc s'il me serait possible d'être éveillé totalement, non en quelques points périphériques de mon être, mais totalement éveillé, sans provocations ou expériences. Cela exigerait une grande sensibilité, à la fois physique et psychologique. Cela voudrait dire qu'il me faudrait être affranchi de toute aspiration, car je provoquerais l'expérience dès l'instant que je l'appellerais. Pour être débarrassé de mes exigences intérieures, de mes désirs et de mes satisfactions, il me faudrait reprendre une investigation en moi-même et comprendre toute la nature de mon désir. Toute demande intérieure provient d'une dualité: «Je suis malheureux, je voudrais être heureux.» En cette aspiration: «Je veux être heureux» est un état malheureux, de même que lorsqu'on fait un effort vers le bien, en cette vertu est le mal. Toute affirmation contient son opposé, et tout effort renforce ce que l'on veut surmonter. Lorsque vous désirez l'expérience du vrai ou du réel, cette demande émane de votre manque de satisfaction au sujet de ce qui «est», et crée, par conséquent, son contraire. Et dans ce contraire se trouve ce qui a été. Nous devons nous libérer de ces incessantes demandes, autrement il n'y aurait pas de fin au couloir de la dualité. Cela veut dire se connaître soi-même si complètement que l'on ne cherche plus.

 

On a, en cet état, un esprit qui n'appelle pas l'expérience; qui ne veut pas être provoqué; qui ne connaît pas la provocation; qui ne dit ni «je dois», ni «je suis éveillé»; qui est complètement ce qu'il «est». Ce ne sont que des esprits frustrés, étroits, creux, conditionnés, qui recherchent le «plus ». Peut-on vivre en ce monde sans le «plus», sans ces sempiternelles comparaisons? Assurément, c'est possible. Mais on doit l'apprendre par soi-même. Mener une enquête dans toute cette sphère, c'est méditer. Ce mot a été employé, en Orient et en Occident, d'une façon malheureuse. Il existe différentes écoles et différents systèmes de méditation. Certaines écoles disent: «Observez le mouvement de votre gros orteil, observez-le, observez-le, observez-le», d'autres recommandent que l'on s'assoie dans certaines postures, que l'on respire régulièrement, ou que l'on s'exerce à être lucide. Tout cela est purement mécanique. Une autre méthode consiste à vous donner un certain mot et à vous dire que si vous le répétez très longtemps, vous aurez une expérience transcendantale extraordinaire. C'est une absurdité. C'est de l'auto-hypnotisme. Il est certain qu'en répétant indéfiniment Amen, Om, ou Coca-Cola, vous aurez une certaine expérience, parce qu’au moyen de répétitions on se calme l'esprit. C'est un phénomène bien connu en Inde depuis des milliers d'années, que l'on appelle Mantra-Yoga. Avec des répétitions vous pouvez inciter votre esprit à être aimable et doux, mais il n'en sera pas moins un petit esprit mesquin, misérable. Vous pourriez aussi bien placer sur votre cheminée un morceau de bois ramassé dans le jardin et lui présenter tous les jours une fleur en offrande. Au bout d'un mois vous seriez en train de l'adorer, et ne pas lui offrir une fleur serait un péché.

 

La méditation ne consiste pas à suivre un système; ce n'est pas une constante répétition ou imitation; ce n'est pas une concentration. Une des méthodes favorites de certaines personnes qui enseignent la méditation est d'insister auprès de leurs élèves sur la nécessité de se concentrer, c'est-à-dire de fixer leur esprit sur une pensée et d'expulser toutes les autres. C'est la chose la plus stupide, la plus nocive que puisse faire n'importe quel écolier, lorsqu'on l'y oblige. Cela veut dire que pendant tout ce temps on est le lieu d'un combat entre la volonté insistante de se concentrer et l'esprit qui vagabonde, tandis qu'il faudrait être attentif à tous les mouvements de la pensée, partout où elle va. Lorsque votre esprit erre à l'aventure, c'est que vous êtes intéressé par autre chose que ce que vous faites.

La méditation exige un esprit étonnamment agile; c'est une compréhension de la totalité de la vie, où toute fragmentation a cessé, et non une volonté dirigeant la pensée. Lorsque celle-ci est dirigée, elle provoque un conflit dans l’esprit mais lorsqu'on comprend sa structure et son origine —que nous avons déjà examinées— elle cesse d'intervenir. Cette compréhension de la structure de la pensée est sa propre discipline, qui est méditation.

 

La méditation consiste à être conscient de chaque pensée, de chaque sentiment; à ne jamais les juger en bien ou en mal, mais à les observer et à se mouvoir avec eux. En cet état d'observation, on commence à comprendre tout le mouvement du penser et du sentir. De cette lucidité naît le silence.

Un silence composé par la pensée est stagnation, une chose morte, mais le silence qui vient lorsque la pensée a compris sa propre origine, sa propre nature et qu'aucune pensée n'est jamais libre mais toujours vieille, ce silence est une méditation où celui qui médite est totalement absent, du fait que l'esprit s'est vidé du passé.

Si vous avez lu ce livre attentivement pendant une heure, c'est cela, la méditation. Si vous n'avez fait qu'en extraire quelques mots et que rassembler quelques idées afin d'y penser plus tard, ce n'est pas de la méditation.

La méditation est un état d'esprit qui considère avec une attention complète chaque chose en sa totalité, non en quelques-unes seulement de ses parties. Et personne ne peut vous apprendre à être attentif. Si un quelconque système vous enseigne la façon d'être attentifs, c'est au système que vous êtes attentif, et ce n'est pas cela, l'attention.

La méditation est un des arts majeurs dans la vie, peut-être «l'art suprême», et on ne peut l'apprendre de personne: c'est sa beauté. Il n'a pas de technique, donc pas d’autorité. Lorsque vous apprenez à vous connaître, observez-vous, observez la façon dont vous marchez, dont vous mangez, ce que vous dites, les commérages, la haine, la jalousie —être conscients de tout cela en vous, sans option, fait partie de la méditation.

Ainsi la méditation peut avoir lieu alors que vous êtes assis dans un autobus, ou pendant que vous marchez dans un bois plein de lumière et d'ombres, ou lorsque vous écoutez le chant des oiseaux, ou lorsque vous regardez le visage de votre femme ou de votre enfant.

 

Comprendre ce qu'est la méditation implique l'amour: l'amour qui n'est pas le produit de systèmes, d'habitudes, d'une méthode. L'amour ne peut pas être cultivé par la pensée; mais il peut —peut-être— naître dans un silence complet en lequel celui qui médite est entièrement absent. Un esprit ne peut être silencieux que lorsqu'il comprend son propre mouvement en tant que penser et sentir, et, pour le comprendre, il ne doit rien condamner au cours de son observation.

Observer de cette façon est une discipline fluide, libre, qui n'est pas celle du conformisme.

Publié dans Méditation

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