Accepter la réalité de Jacques Regard

Publié le par Laurent Caigneaux

Accepter la réalité

A chaque fois que nous disons : “Non ; ce n'est pas vrai ; ce n'est pas possible ; on ne devrait pas voir des choses pareilles ; c'est trop injuste ; si seulement je n'avais pas ceci ; si j'avais cela ; si les choses étaient autrement”, nous sommes dans le refus de ce qui est. Refuser la réalité de ce qui est, c'est refuser de voir les bases à partir desquelles on pourrait faire quelque chose. Cela revient a vouloir construire une maison sans tenir compte de la nature du sol. On ne fait rien de solide en construisant sur du sable.

On peut être en désaccord avec certaines réalités. Par exemple il est inadmissible qu'au XXIème siècle des gens meurent encore de faim ou dans des guerres interminables.

Mais refuser ou nier la réalité de ce qui se passe (ou en rêver une autre) ne changera jamais rien a la situation présente si cela n'est pas suivi par une action concrète.

Refuser la réalité de ce qui se passe ici et maintenant (y compris en nous-même) est la matière première de la souffrance. Pleurer une perte, rêver d'une revanche ou ressasser ses angoisses ne sert a rien d'autre qu'à nous faire davantage souffrir. La souffrance est liée à ce décalage. Plus il y a de différence entre ce qui se passe ici et maintenant et mon désir ou mon refus de le voir autrement, plus la souffrance sera importante.

La souffrance est proportionnelle à la différence qui existe entre ce qui est et ce que l'on voudrait que cela soit (ou ne soit pas). Plus il y a de différence entre la réalité extérieure et ce que j'en pense, plus la souffrance est importante. Par contre la sérénité est manifeste dès que l'on est capable de sortir de son monde intérieur (et de ses jugements) pour voir le monde extérieur tel qu'il est. Sortir de son monde intérieur, c'est voir et accepter les choses telles qu'elles sont, aussi bien dans le monde extérieur et réel qui nous environne, que dans nos pensées qui apparaissent sans cesse sur les murs de notre caverne intérieure

Accepter la réalité ne signifie pas se résigner ou subir ce qui se passe. Accepter la réalité de ce qui est, n'est pas une attitude passive. C'est simplement reconnaître que les choses sont comme elles sont. Accepter la réalité c'est être capable de ne pas porter de jugement et de ressentir ce qui se passe en le voyant tel que c'est et non tel que l'on aimerait que ce soit.

Accepter la réalité de ce qui est, ne change pas l'avenir, mais cela évite de la souffrance émotionnelle. Quand il n'y a absolument pas de différence entre ce qui est et ce que l'on perçoit, il n'y a plus de place pour la souffrance.

L'émotion que l'on peut ressentir pour quelque chose n'a jamais changé ou modifié le cours des évènements. L'inquiétude ne sert absolument a rien et n'empêchera jamais la venue de ce qui doit se produire. 98 % de ce que nous craignons ne se produit jamais, ce qui prouve bien encore une fois que l"inquiétude est inutile. Comme le dit la sagesse populaire : la peur n'éloigne pas le danger mais on peut ajouter avec certitude qu'elle produit de la souffrance.

Accepter la réalité de ce qui est, ne signifie pas non plus une absence totale d'émotion. Voir ce qui est, c'est la capacité de partager et de ressentir pleinement ce qui se passe ici et maintenant mais sans rester collé dans l'émotion. Quand on accepte ce qui est, on évolue en rythme avec ce qui se passe.
C'est ce qu'on appelle aussi la compassion.

Jacques Regard

Extrait de “Les émotions tout simplement”

 

Acticle issu du blog : Du tout et du rien : link

Publié dans Inspirations

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