Pourquoi les gens ne s’éveillent pas (et comment ils le peuvent)

Publié le par Laurent Caigneaux

Pourquoi les gens ne s’éveillent pas (et comment ils le peuvent)

Par Lori Ann

Un lecteur m'a demandé récemment: “Ce que je veux vraiment savoir, c'est ce qui a conduit à votre éveil? Quelle vie avez-vous menée qui a contribué à cet évènement? ". Il se demandait s'il y avait une certaine façon de cultiver un terrain fertile pour l'illumination, une sorte de plan préalable.

Eh bien, à vrai dire, au moment où je me suis réveillée de ce rêve d’être un soi séparé, l'enchantement d'être Lori-Ann avait presque disparu. Comme un papier peint qui avait commencé à s'affadir et se décoller, près de cinquante ans de vie sous le charme de l'individualité ont été enlevées. Alors que cette transe desserrait son étau quelque chose de brillant, en comparaison, scintillait au-dessous de la façade du "moi". Puis un jour le mince fond d'écran du moi est juste tombé pour disparaître complètement, révélant un vaste néant plein de vie.

Même ainsi, un éveil spontané n’est sans doute pas vraiment instantané, même s’il semble être soudain. Dans ma vie de mini-éveils ont existé au cours des années, des tremblements de terre avant le grand tremblement qui a démoli la forteresse du moi illusoire.

Ce qui défendait cette forteresse est intéressant. Je les appelle les derniers soldats debout, mes dernières croyances chéries et tenaces d'auto-identification. Il est tout à fait possible que si ces soldats avaient tenu bon, j’aurais quand même émergé du rêve. Mais en regardant en arrière, je vois quatre Rambo-résistance-croyances qui ont sans doute dû mourir avant que l'édifice du soi puisse s'écrouler et révéler le sol vibrant du non-soi. Ainsi, histoire de raconter des histoires, voici les méchants (qui se croyaient des héros) qui continuaient à lutter pour l'irréelle Lori Ann.

Le Soldat Ambition: En tant que première-née, étudiante super performante, je m'attendais à avoir une vie de succès. J'ai mesuré cela par comment ma créativité fût reçue dans le monde, en particulier mon écriture. À 30 ans, je gagnais des prix de court métrage de fiction, j’étais publiée dans des revues littéraires, et j’avais été acceptée à l'un des meilleurs programmes d'écriture créative aux États-Unis. Puis vinrent les dix années suivantes de dérive avec et sans emploi terne dans des journaux tandis que les muses cessaient de me parler. À la fin de la trentaine je me vivais comme un échec - une femme au foyer au lieu d'une accoucheuse de brillantes fictions. Un jour, j'ai tout simplement réalisé que ne pas être un succès mondain n'avait pas d'importance. Ce qui a initié cela ce sont les moments ordinaires, la richesse de chaque respiration, la découverte inépuisable de la vérité. Je suis allée vers l'intérieur plutôt que vers l'extérieur, et a commencé la phase de recherche de Dieu. L'ambition était morte. J'ai juste espéré que Dieu était vivant.

Le Soldat Contrôle: En grandissant, j'ai remarqué que beaucoup de mes rêves nocturnes se présentaient comme prémonitoires et beaucoup de mes intuitions sont devenues réalité. Vers mes vingt ans, j'ai appris l'art de la prophétie, en jouant avec les cartes de Tarot et les outils de divination comme le I-King et l'astrologie. Finalement, j'ai lâché les accessoires et j’ai développé la voyance pure. Je suis tellement bien arrivé, dans ma mi-trentaine, à voir l'avenir, que je me suis retrouvée dans les émissions de télévision et de radio, dans un documentaire de la BBC sur la visualisation à distance et avec une liste de clients internationaux. Puis la vie m’a joué un tour: plus je cherchais à prédire (ou contrôler), moins je le vivais dans ma vie. Le décès soudain de mes parents avant que j’ai 40 ans, et mon fils presque tué dans un accident de voiture, ont ébranlé ma croyance en ce contrôle. Au moment où mon fils a presque été tué une seconde fois lors d'une violente attaque, j'avais 45 ans et j’étais prête à réaliser l'évidence: le contrôle est une illusion. La vie est une promenade sans chauffeur. Au lieu d’un sentiment effrayant, ce fut un soulagement énorme. Regarde maman, sans les mains! (1).

Le Soldat Sexe: Pendant des années, ma sexualité était reliée à ma capacité à être aimée. J'étais digne d'amour parce que j'étais expressive et disponible sexuellement. Dans mes relations cela se traduisait par beaucoup d'accent mis sur l'exploration sexuelle, le jeu et l'intensité, au point même d'étudier et de pratiquer le tantra. Puis la ménopause a frappé et soudain ma libido a commencé à chuter. Cela a créé des frictions avec l'homme avec qui je vis, il avait signé pour une femme qui aimait le sexe. Maintenant, j'étais à peine intéressée. Cela a créé une angoisse en moi: je n'étais plus capable d'utiliser la monnaie de la sexualité dans un troc pour l'amour. Puis, juste avant que je me sois réveillée, j'ai assisté à un week-end avec l'enseignante d’origine américaine Ganga-gi. Dans cette retraite, elle nous a demandé de regarder vraiment l'histoire du moi, l'histoire de qui nous nous sommes imaginés être. En cela, j'ai vu avec une clarté aveuglante comment j'avais créé un personnage sexuellement libre et aventureux comme un anti-script au mariage dénué de sexe de mes parents. Dans toutes mes exploration sexuelles, je n'avais jamais considéré le territoire du célibat. Soudain c’est devenu clair: sexuellement active ou célibataire sont deux options tout aussi valables. J'étais bien parce que je n'étais pas plus un être sexué que je n'étais sexuelle. Maintenant je pouvais tout simplement être.

Le Soldat Relation: Peut-être parce que mes parents ont démontré toujours-malheureux-après, j'étais déterminée à créer une vie d'amour de conte de fées. Quand mes 17 ans de mariage ont échoué à me rendre heureuse, j'ai divorcé et me suis lancée dans une frénésie de sept ans de monogamie en série. La recherche de la relation parfaite, le partenariat qui arrêterait finalement la quête, ne s'est jamais matérialisée. Au lieu de cela, j'ai réalisé que le bien-être que je cherchais au travers de la relation aux autres, était une illusion. Cette maison s’est écroulée juste avant que je m’éveille, quand l'homme avec qui je vis a commencé à manifester son mécontentement et le désir de me quitter. Par épuisement, j'ai réalisé que j'étais prête à être seule. Seule était tout aussi bien qu’accompagnée. Soudain,  la relation amoureuse en tant qu'exigence pour le contentement tomba. Si j'étais seule pour le reste de ma vie, ça allait. Si j'étais dans un partenariat jusqu'au jour de ma mort, c’était bien aussi. L'équanimité était miraculeusement arrivée.

Les deux derniers soldats, le sexe et la relation, sont tombés dans les deux mois qui précédaient mon éveil. Ils ont été les résistants- se battant pour empêcher l'édifice du moi de s'effondrer. Quand ils ont abandonné la bataille, il n'y avait plus rien pour entraver le mouvement de la grâce, qui, comme un raz de marée, a emporté le Moi au loin.

J'ai rêvé une nuit qu'une pluie de météorites s'abattait sur terre et je n'avais aucun endroit pour me cacher. Pas de refuge contre cette annihilation de feu. Je me suis donc rendue à l'inévitable et m'assis sur une colline de rêve en attendant que la mort me prenne. Le lendemain matin le moi que je connaissais depuis 49 ans, était mort. Au lieu de cela il y eut un immense calme vide et une joie tranquille.

Je vous demande donc: Quels sont vos derniers soldats debout? Et êtes-vous prêt à les laisser tomber?

La conscience est ici!

Lori Ann

Page originale traduite par Christine – Vous êtes invités à partager ce texte à condition de respecter son intégralité et d'en citer la source:http://du-tout-et-du-rien.blogspot.com/

Publié dans Inspirations

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